Le tachahoud complet se compose de deux parties distinctes récitées en position assise : la formule de base (at-tahiyyat), présente à chaque assise, et les invocations supplémentaires qui s’ajoutent uniquement à la dernière assise. Comprendre cette distinction avant même de mémoriser le texte permet d’éviter la confusion la plus courante chez les débutants.
Tachahoud : texte en arabe, phonétique et traduction française
Le tachahoud repose sur une formule rapportée dans les sources hadith. Les concurrents présentent souvent plusieurs versions sans expliquer laquelle choisir. Pour un débutant, l’approche la plus solide est de retenir une seule formulation auprès d’une source fiable, puis de s’y tenir.
Voici la formule couramment utilisée, en trois colonnes :
| Arabe | Phonétique | Traduction française |
|---|---|---|
| التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ وَالصَّلَوَاتُ وَالطَّيِّبَاتُ | At-tahiyyatu lillahi was-salawatu wat-tayyibat | Les salutations, les prières et les bonnes actions appartiennent à Allah |
| السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ | As-salamu ‘alayka ayyuha-n-nabiyyu wa rahmatullahi wa barakatuh | Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions |
| السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ | As-salamu ‘alayna wa ‘ala ‘ibadillahi-s-salihin | Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah |
| أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ | Ashhadu an la ilaha illallah wa ashhadu anna Muhammadan ‘abduhu wa rasuluh | J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager |
Cette partie constitue la formule de base. Elle est récitée à chaque assise de la prière, qu’il s’agisse de l’assise intermédiaire ou de l’assise finale.
Première et deuxième assise : ce qui change dans le tachahoud
La distinction entre les deux assises n’est pas toujours clairement expliquée aux débutants. Elle porte sur ce qui s’ajoute à la formule de base, pas sur le texte lui-même.
Au premier tachahoud (assise intermédiaire)
Dans une prière de trois ou quatre rak’at, on s’assoit après la deuxième rak’at. On y récite la formule at-tahiyyat ci-dessus, puis on se relève. Aucune invocation supplémentaire n’est ajoutée à ce stade.
Au deuxième tachahoud (assise finale)
L’assise finale intervient à la fin de la prière, avant les salutations. On y récite d’abord la même formule at-tahiyyat, puis on y ajoute la prière sur le Prophète (salat ‘ala-n-nabiyy), connue aussi sous le nom de salawat Ibrahim :
| Phonétique | Traduction |
|---|---|
| Allahumma salli ‘ala Muhammad wa ‘ala ali Muhammad, kama sallayta ‘ala Ibrahim wa ‘ala ali Ibrahim, innaka hamidun majid | Ô Allah, bénis Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu as béni Ibrahim et la famille d’Ibrahim. Tu es certes le Très Loué, le Très Glorieux. |
| Allahumma barik ‘ala Muhammad wa ‘ala ali Muhammad, kama barakta ‘ala Ibrahim wa ‘ala ali Ibrahim, innaka hamidun majid | Ô Allah, répands Tes grâces sur Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu les as répandues sur Ibrahim et la famille d’Ibrahim. Tu es certes le Très Loué, le Très Glorieux. |
Certains savants recommandent également de réciter, après la salawat, une invocation (du’a) avant de terminer par les salutations. Cette pratique est rapportée dans plusieurs formulations ; un débutant peut commencer par la salawat seule, puis intégrer progressivement les invocations.

Apprendre le tachahoud sans se tromper sur la prononciation
La translittération phonétique aide à démarrer, mais elle ne restitue pas fidèlement certains sons arabes (le ‘ayn, le kh, les consonnes emphatiques). L’écoute d’une récitation audio reste nécessaire pour corriger l’articulation dès le début de l’apprentissage.
Quelques repères pratiques pour mémoriser la formule :
- Mémoriser d’abord la phrase d’ouverture (at-tahiyyatu lillahi) avant d’enchaîner. Chaque partie s’appuie sur la précédente, et vouloir tout retenir en bloc ralentit la mémorisation.
- Associer chaque phrase à sa traduction française pour ancrer le sens, pas seulement la sonorité. Le tachahoud est un témoignage de foi : comprendre ce qu’on dit renforce la mémorisation.
- Répéter la formule en dehors de la prière, à voix basse, jusqu’à ce que l’enchaînement devienne automatique. L’intégrer ensuite progressivement dans la prière réelle.
Statut juridique du premier tachahoud selon les écoles
Le statut du premier tachahoud (assise intermédiaire) fait l’objet de divergences entre écoles de jurisprudence islamique. Certaines le considèrent comme une obligation (wajib), d’autres comme un acte recommandé (sunna). Cette divergence a une conséquence directe en cas d’oubli : les règles applicables (prosternation de l’oubli ou non) varient selon l’école suivie.
Le deuxième tachahoud, lui, est unanimement considéré comme une obligation de la prière. L’omettre volontairement invalide la prière selon l’ensemble des écoles. Pour un débutant qui commence à prier, retenir cette asymétrie suffit dans un premier temps.
Prière en deux rak’at : un seul tachahoud final
Dans une prière de deux rak’at (Fajr, prière du vendredi ou prière surérogatoire courte), il n’y a pas d’assise intermédiaire. On passe directement de la deuxième rak’at à l’assise finale, où l’on récite le tachahoud complet (at-tahiyyat + salawat Ibrahim) avant les salutations. Il n’y a donc qu’une seule assise, et elle correspond toujours au tachahoud final.
Cette structure simplifie l’apprentissage pour les débutants qui commencent par la prière du Fajr : le tachahoud complet (formule de base + salawat) s’y récite une seule fois, en fin de prière.
Maîtriser la structure d’abord – quelle formule, à quelle assise, dans quelle prière – réduit les erreurs de récitation bien plus efficacement que mémoriser le texte seul. Le tachahoud s’intègre naturellement une fois que la position dans la prière est claire.

