Un chiffre brut, implacable : en 2018, le cancer du col de l’utérus a frappé 570 000 femmes à travers le monde et causé 311 000 décès. Plus d’une sur deux n’y a pas survécu. Pourtant, derrière ces statistiques qui claquent, cette maladie cache un paradoxe : dépistée tôt, elle se soigne avec efficacité. Mais le papillomavirus humain, ou HPV, responsable de la quasi-totalité des cas, continue de circuler et de se transmettre lors de rapports sexuels.
L’essentiel à savoir sur le cancer du col de l’utérus
Derrière son apparence sourde, ce cancer peut s’avérer asymptomatique durant des années. Il progresse dans l’ombre, souvent sans éveiller la moindre alerte avant que des signes inhabituels, comme des saignements ou des douleurs, n’imposent leur réalité. Lorsqu’un médecin met enfin un nom sur la maladie, le parcours de soins s’adapte à chaque situation, car il n’existe pas de réponse unique : tout dépend du stade auquel le cancer est découvert.
La Fédération Internationale de Gynécologie et d’Obstétrique (FIGO) distingue quatre stades d’évolution. Pour chaque étape, les stratégies médicales varient :
- Au stade I, parfois, une simple surveillance s’impose. Dans d’autres cas, des traitements ciblés, comme la destruction de la tumeur par laser ou cryothérapie, peuvent suffire à éliminer la zone anormale.
- Au stade II, la progression du cancer nécessite généralement une conisation : le chirurgien retire alors une partie du col utérin pour exclure la région touchée.
- Lorsque la maladie a atteint le stade III et envahi le vagin, une ablation complète de l’utérus (hystérectomie) peut s’avérer incontournable. Radiothérapie et chimiothérapie sont souvent associées pour renforcer l’action thérapeutique.
- Enfin, au stade IV, la tumeur se propage à d’autres organes : le traitement implique une radiothérapie généralisée et des soins coordonnés pour tenter de freiner la maladie.
La prévention marque un tournant décisif face à cette menace. Le vaccin contre le papillomavirus, proposé dès l’adolescence, fait chuter les risques de façon spectaculaire. Ce geste médical, fréquemment relégué au second plan, agit pourtant comme une barrière solide contre le développement de ce cancer.
Inéluctable ? Certainement pas. Si chaque femme avait accès au dépistage régulier et à la vaccination, ce cancer cesserait d’être synonyme de fatalité. Moins de place pour la peur, davantage pour la vigilance et la maîtrise du risque. Reste à faire entendre que dans le silence du geste préventif, les statistiques peuvent basculer. Il suffit parfois d’un rendez-vous médical pour réécrire le scénario.

