Astuces simples pour observer les animaux sauvages en toute discrétion

On n’arrive pas dans la nature comme dans un salon. Le terrain appartient d’abord à ceux qui y vivent : la faune locale. Dans le désert, il faut se faire discret, se rappeler qu’on n’est là qu’en visiteur. Le spectacle ne se joue que si les acteurs principaux l’acceptent, et ce sont eux qui décident du rideau.

Même sans être un naturaliste expérimenté, observer les animaux sauvages dans leur environnement naturel n’est pas impossible lorsque vous connaissez et suivez certaines règles. La première est d’accepter que dans le désert, nous venonsd’être invités . En fait, le spectacle n’a lieu que si les acteurs le veulent…

Toutes les photos d’animaux dans cet article ont été prises par Fred dans un cadre naturel, sans appât ni gréement. Certains d’entre eux sont le résultat d’années de recherche dans le domaine. Aucun d’entre eux n’est libre de droits.

Pour mettre toutes les chances de votre côté et croiser un animal sauvage chez lui, il faut d’abord s’intéresser à lui, vraiment. Les animaux, tout comme nous, ont leurs coins favoris, leurs habitudes, leurs trajets quotidiens. Leur monde suit des règles strictes, même s’il échappe à nos lois. Avant de vous lancer, essayez de comprendre leur mode de vie : que mangent-ils, où dorment-ils, quand se déplacent-ils ? Les ouvrages naturalistes sont une mine pour apprendre à connaître les espèces qui vous attirent.




Recherche d’indices de présence animale

Les animaux laissent derrière eux tout un éventail de traces pour qui sait regarder. Dans la boue, le sable ou la neige, des empreintes apparaissent, souvent discrètes. En balade, prenez le temps de scruter les passages humides, les bords d’étang. Ne piétinez pas les zones porteuses de traces : elles racontent une histoire. Selon la forme ou la taille, on devine le visiteur de la nuit. Un outil malin, le guide d’empreintes, passionne les enfants : ils s’amusent à comparer, à deviner qui est passé avant eux.





En observant bien, d’autres indices surgissent : crottes, plumes, poils, pelotes, troncs griffés, traces de boue sur les arbres, herbe couchée, galeries… Les signes de la vie sauvage sont partout pour qui prend le temps de regarder.

Camouflage dans la nature

Se rapprocher d’un animal demande plus que de la patience : il faut disparaître, visuellement. Les animaux considèrent l’humain comme une menace, bien plus qu’un renard ou même une voiture. Un cerf, par exemple, ne bronche pas devant un véhicule, mais s’enfuit dès qu’une portière claque et qu’un humain apparaît.


Pour passer inaperçu, choisissez des vêtements dans les tons de la nature. Les motifs de camouflage brouillent votre silhouette et rendent votre présence moins évidente. Attention cependant : en période de chasse, ne vous fondez jamais complètement dans le décor ! Les gilets orange fluo portés par les chasseurs servent à éviter les accidents, car cette couleur passe inaperçue pour des mammifères comme le sanglier. Et si vous tentez l’observation sur la neige, optez pour le blanc.







Approchez lentement en silence

Pour s’approcher vraiment, il faut avancer à pas comptés. Privilégiez les sols mous, évitez les feuilles mortes ou les branches qui craquent. Le silence est la règle d’or : communiquez uniquement par gestes. L’ouïe des animaux surpasse largement la nôtre.

Depuis qu’ils sont petits, nos enfants nous accompagnent sur le terrain. Aujourd’hui, marcher sans bruit, s’arrêter sans parler, tout cela est devenu naturel pour eux. Ce sont des réflexes acquis. Et, entre nous, un bon moyen de calmer les esprits après une dispute à la maison : une sortie nature, et tout le monde retrouve le calme. Observer les animaux, c’est apprendre la patience. Il faut accepter que rien ne se passe vite, à moins d’un hasard exceptionnel.

Petite parenthèse : ce coup de chance, nous l’avons vécu. Un soir d’automne, alors que nous rentrions sur une route forestière du Jura, la nuit tombait. Soudain, deux jeunes lynx et leur mère, tout près, occupés à dévorer un cerf. Nous avons pu les regarder longtemps, à quelques mètres, avant de les laisser poursuivre leur repas en paix.

Restez dans le vent

Dans la nature, votre odeur est un signal d’alerte immédiat pour la plupart des animaux. Parfums, répulsifs et produits odorants sont autant d’avertissements pour la faune environnante. Pour éviter d’être repéré, placez-vous toujours face au vent. Parfois, atteindre le bon emplacement demande un long détour, plusieurs heures de contournement. Si vous repérez un animal au loin, commencez par marcher contre le vent, puis adaptez votre trajectoire pour approcher discrètement. Il faut parfois faire de grands détours, mais la discrétion n’a pas de raccourci.

Observation des animaux

Lorsqu’on débute, il est rare de pouvoir approcher vraiment les animaux. Ils vous repèrent presque toujours avant que vous ne les voyiez. Chaque espèce tolère une distance d’approche différente, liée à sa capacité à fuir. Pour s’approcher de la faune, avancez étape par étape, à couvert, sous le vent, attendez que l’animal se détende, puis avancez encore un peu, et recommencez.


Nos enfants ont toujours été de la partie lors de ces expéditions, habitués à marcher lentement et à rester silencieux pour s’approcher au plus près de la faune.

Pensez à rester à distance et à vous équiper de bonnes jumelles lumineuses. Repérer un animal, c’est souvent au lever ou au coucher du soleil que ça se joue. Surveillez les lisières, où les grands cervidés viennent brouter dans les champs. Si vous observez les mêmes animaux aux mêmes endroits, aux mêmes heures, vous aurez sans doute l’occasion de les revoir et de vous rapprocher petit à petit. Les sentiers tracés par les animaux dans la forêt sont aussi des indices : postez-vous discrètement à proximité, attendez, et la magie opère parfois.


La technique de l’affût vous permet d’observer longtemps sans déranger la faune. Installez-vous à l’avance, en début d’après-midi par exemple, pour prendre le temps de vous cacher. Pas besoin d’un matériel sophistiqué : assis contre un arbre, derrière un rocher ou un buisson, vous devenez invisible. Restez immobile, évitez tout mouvement inutile.

Pour plus de confort, une petite tente, un filet de camouflage ou un abri fait de branches et de feuillages font très bien l’affaire. Pensez toujours à vous placer dans le bon sens par rapport au vent. À l’affût, il faudra patienter. Parfois longtemps, souvent pour rien. Mais ne faites surtout pas de bruit, ne bougez pas, c’est la seule façon de ne pas être repéré. C’est ainsi que les photographes animaliers réalisent leurs plus beaux clichés.




Écoutez les animaux

Reconnaître les chants, cris ou appels est loin d’être évident au début. Pour apprendre, il existe des enregistrements spécialement conçus pour s’entraîner. Certains sons, d’ailleurs, surprennent par leur étrangeté !

Petit aparté : pour ma part, j’ai longtemps pensé entendre aboyer un chien dans la forêt, jusqu’à ce que Fred m’explique qu’il s’agissait en fait d’un cerf inquiet, avertissant ses congénères de notre présence.

Chaque année, entre mi-septembre et mi-octobre, c’est la période du brame du cerf. Ces nuits-là, son cri résonne dans toute la forêt. L’automne devient alors une saison d’aventures, dans un décor éclatant. Écouter le cerf, c’est aussi profiter de soirées en famille, frissons garantis, comme sur cette vidéo tournée il y a quelques années.

Quels animaux observer selon les milieux

En montagne

Le relief montagneux offre des cachettes de choix à certains animaux passés maîtres dans l’art du camouflage. Hermines, lagopèdes ou lièvres variables changent de couleur selon la saison, et leur observation relève souvent du défi. Mais d’autres espèces, plus visibles, peuplent les pentes et les prairies : marmottes, mouflons, daims, bouquetins. Pour les voir, il suffit parfois d’un peu de patience et d’un regard aiguisé.

Voici les espèces fréquemment observées dans ces régions :

  • Vautours, aigles, marmottes, bouquetins, chamois, mouflons…
  • Moins courants : hermines, lagopèdes, lièvres variables, tétras, loups…








En forêt

Dans les bois, il arrive souvent de croiser un animal au détour d’un sentier. Un sanglier qui traverse à toute allure, la croupe d’un cerf qui disparaît dans les fourrés… Ces images restent gravées. Mais pour observer sans être vu, il faut redoubler de discrétion : la forêt dense ne pardonne aucune inattention.

Parmi les espèces qu’on rencontre souvent :

  • Cerfs, chevreuils, oiseaux, blaireaux, martres, sangliers, écureuils, rongeurs…
  • Plus rare : lynx







Dans la campagne

À la tombée du jour, la lisière des bois s’anime. Cerfs, chevreuils et daims quittent la forêt, tandis que les renards fouinent dans les champs en quête de nourriture. Si vous revenez plusieurs soirs au même endroit, vous constaterez que les habitudes de la faune sont remarquablement régulières.

Voici les animaux qui se laissent le plus souvent observer :

  • Renards, sangliers, cerfs, chevreuils, chats sauvages…





En mer

La faune marine française recèle aussi de nombreuses surprises. Observer cétacés et mammifères marins mériterait un article entier. Lors de traversées entre la France et la Corse, il n’est pas rare d’apercevoir dauphins ou rorquals. Sur les sentiers côtiers, masque et tuba révèlent chaque recoin de la Méditerranée. Mais, jusqu’ici, les phoques de la baie de Somme nous ont échappé.

Et les animaux semi-sauvages…

Le pottok basque, petit poney robuste, vit en liberté dans les montagnes basques (La Rhune, Artzamendi, Baigura, Ursuya). On peut parfois les approcher facilement, mais ils restent farouches. Les marmottes du Lauvitel ou du Queyras, elles, sont devenues familières au contact des randonneurs, mais il est préférable de ne jamais leur donner à manger, pour ne pas perturber leurs comportements naturels.


Voir des animaux sauvages depuis sa voiture…

Surprise : c’est possible, surtout à la campagne. Les animaux prêtent moins attention à une voiture qu’à une silhouette humaine. À la tombée de la nuit, roulez lentement près des lisières ou des champs : cerfs, renards, sangliers ou chats sauvages pourraient surgir dans les phares, en quête de nourriture.

La nature ne manque pas de créatures fascinantes à observer. Les insectes, amphibiens et autres petites bêtes offrent eux aussi leur lot de découvertes. Partager ces moments avec des enfants, c’est leur ouvrir les portes d’un monde à la fois fragile et captivant. Respecter la vie sauvage, la comprendre, c’est transmettre bien plus qu’une passion : c’est donner des clés pour regarder autrement tout ce qui nous entoure.

Dites-nous ce que vous pensez :

Envie de découvrir de nouvelles aventures en famille ? Partagez vos idées avec nous par email, ou sur nos pages Facebook et Instagram.